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Le PSP et l’eau : Les exportations en vrac et « l’utilisation conjointe optimale de l'eau disponible »
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Ce n’est pas un secret que les États‑Unis vont avoir besoin d'eau... Ce n’est pas un secret que le Canada aura une surabondance d’eau.. Ultimement, il devra peut‑être y avoir des ententes.
~ Armand Peschard-Sverdrup, chef du projet Futur de l’Amérique du Nord 2025, avril 2007
Les documents rendus publics sur le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité font très peu état de l’eau au-delà des plans de « lutte contre les espèces exotiques envahissantes » dans les Grands Lacs et de la création d’un portail en ligne pour partager l’information sur la gestion de l’eau dans chaque pays. Mais des documents ayant fait l’objet d’une fuite et qui viennent de groupes américains comme le Council on Foreign Relations et le Center for Strategic and International Studies, révèlent que les exportations d’eau en vrac et les autres questions litigieuses liées à la gestion de l'eau ont été discutées dans les pourparlers trilatéraux sur le PSP.
L’eau : Un « objectif à long terme » de l’intégration continentale
En mai 2005, le Council on Foreign Relations, le Conseil nord‑américain de la compétitivité (CNAC) et le Consejo Mexicano de Asuntos Internacionales ont publié une version finale de Building a North American Community — un rapport du groupe de travail sur le Futur de l’Amérique du Nord. Tout en faisant l'éloge des trois leaders de l'Amérique du Nord pour avoir entrepris le PSP deux mois plus tôt, le groupe de travail, dont le co-président était John Manley et le vice-président Thomas d’Aquino du CNAC, a fait la promotion d’une vision beaucoup plus large pour l’Amérique du Nord qui incluait un périmètre de sécurité commun et une zone économique commune pour 2010.
Absente du rapport final de mai 2005, mais clairement encore « sur la table », était la question des exportations d’eau en vrac vers les États-Unis.
« Aucun point – pas l’eau canadienne, pas le pétrole mexicain, pas les lois anti-dumping américaines – n’est ‘exclu de la table’; en réalité, les questions litigieuses ou insolubles vont simplement nécessiter plus de temps pour mûrir politiquement, » [traduction] indiquait un résumé d'une réunion du groupe de travail à Toronto en 2005 qui a été obtenu en raison d'une fuite. Les membres du groupe de travail ont également envisagé la « mise au point d’un ‘pacte des ressources’ de l’Amérique du Nord qui favoriserait le commerce intrarégional et l’investissement dans certaines ressources naturelles non renouvelables comme le pétrole, le gaz et l’eau douce. » [traduction]
« Building a North American Community » n’est pas simplement le produit d’un groupe de réflexion qui rêve grand. Le Council on Foreign Relations a énormément d’influence à Washington. De même, au Canada, c'est le CNAC qui a été le moteur du PSP. Thomas d’Aquino est régulièrement présent aux réunions du PSP et participe directement au processus d'intégration par l'entremise de son accès au Conseil nord‑américain de la compétitivité, qui loge au CNAC. S’il discute des exportations d’eau en vrac avec ses homologues américains, il est clair alors que la question est très « sur la table ».
Un avenir pour les exportations d’eau en vrac?
Comme si un formidable groupe de travail trilatéral sur l’intégration de l’Amérique du Nord ne suffisait pas, les gouvernements du Canada, des États‑Unis et du Mexique ont lancé en mars 2006 le projet Futur de l'Amérique du Nord 2005, « pour aider à orienter le Partenariat continu sur la sécurité et la prospérité, » [traduction], selon un article paru le 13 avril 2007 dans le Ottawa Citizen. Le projet est une initiative du U.S. Center for Strategic and International Studies (CSIS) en collaboration avec le Conference Board du Canada et Centro de Investigación y Docencia Económicas (CIDE).
Des documents obtenus clandestinement par le Conseil des Canadiens révèlent que le CSIS a tenu une série de rencontres à huis clos avec des leaders d’entreprise, des représentants des gouvernements et des universitaires choisis pour « renforcer la capacité des fonctionnaires des administrations canadiennes, américaines et mexicaines et celle de leurs législatures respectives à analyser, comprendre et anticiper l’intégration de l’Amérique du Nord » [traduction]. Une table ronde sur « le futur de l’environnement nord‑américain » qui a eu lieu le 27 avril 2007 à Calgary a discuté de questions comme « la consommation d’eau, les transferts d’eau et les déviations artificielles d’eau en vrac » [traduction] dans le but de réaliser « l’utilisation conjointe optimale de l’eau disponible [de l’Amérique du Nord]. » [traduction]
« Ce n’est pas un secret que les États-Unis vont avoir besoin d’eau, a déclaré le leader du projet du CSIS Armand Peschard‑Sverdrup au Ottawa Citizen. Ce n’est pas un secret que le Canada aura une surabondance d’eau. Ultimement, il devra peut-être y avoir des ententes. » [traduction] Le projet Futur de l’Amérique du Nord 2025 est la preuve que l’idée des exportations d’eau en vrac est discutée dans le contexte de l’intégration continentale. Il suppose qu’on pompera l’eau du Canada vers les États‑Unis au sud et que le PSP est le bon véhicule pour prendre de telles décisions. Un rapport final du projet du CSIS sera présenté aux leaders du PSP au prochain sommet à Montebello.
Corridors multimodaux et pipelines pour l’eau
Le Trans Texas Corridor a été appelé « le plus grand projet de génie jamais proposé » pour l’état de George Bush. À son plus large, le couloir de transit « multimodal » sera large comme quatre terrains de football, avec des voies pour les automobiles, les trains et les camions qui viendront de la côte du Mexique pour entrer au Texas et au coeur des États‑Unis. Mais la route ne se termine pas là. Par l’entremise de consortiums publics-privés comme le North American Super Corridor Coalition, qui comprend la province du Manitoba comme fière participante, les plans sont en cours afin de prolonger ce projet chéri du Texas au-delà de la frontière canadienne jusqu’à un port élargi à Churchill.
Ce projet de méga autoroute a été surnommé le « NAFTA Superhighway » parce qu’il est conçu pour accélérer la circulation des marchandises entre les trois pays signataires. Mais « multimodal » ne signifie pas seulement des voies pour les trains, les camions et les automobiles. Cela signifie aussi des pipelines. « Le Texas propose de construire un nouveau type de système de transport, un réseau de larges corridors conçu pour déplacer les personnes et les marchandises plus rapidement et de façon plus sécuritaire que jamais auparavant, révèle un document de 2002 du Trans Texas Corridor. En plus, le corridor comprendra une grande zone de services publics pour la transmission du pétrole, du gaz naturel, de l'électricité, des données et le passage d'une substance essentielle pour l'avenir de l'état – l’eau. » [traduction]
Les adversaires du plan de corridor du Texas craignent que les pipelines serviront à transporter l’eau texane vers le sud jusqu’au Mexique en retour de pétrole. Mais dans le contexte de la crise imminente au Texas et du fait que les exportations d’eau en vrac sont maintenant discutées dans le cadre du projet Futur de l’Amérique du Nord 2025 pour l’intégration continentale, il est possible que les pipelines vont transporter l’eau canadienne. « Beaucoup de gens n’en ont pas besoin, mais quand vous allez au sud et à l’ouest, nous en avons besoin, » a dit George W. Bush, six mois après son arrivée au pouvoir, à l'occasion d'une conférence de presse conjointe avec l'ancien premier ministre Jean Chrétien. « Certains ont proposé d’utiliser des pipelines abandonnés pour transporter l’énergie. C’est une possibilité. Je serais ouvert à toute discussion. » a ajouté Bush.
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